Que voulez-vous qu’on vous dise de plus ?
Tours (37) septembre 2007
Marie est « blasée » (j'ai changé le prénom)! En parcourant les 25km qui la séparent de son lieu de travail, elle écoute une radio locale qui diffuse le spot publicitaire d’une grande marque automobile annonçant qu’elle offre la TVA pour l’achat d’un de ses modèles. Or, Marie roule précisément au volant d’un modèle de cette marque, acheté il y a moins d’un an, avec un faible kilométrage, dans un garage de Normandie. Elle a fait 700 km avec son mari pour aller chercher cette « super occase », repérée sur Internet. Faut dire qu’elle en rêvait depuis longtemps, de sa nouvelle voiture ! Son mari parti en mission en Afrique pour de longs mois, elle attendait son retour avec impatience et la vision d’une voiture plus puissante que sa vieille « caisse » l’aidait à supporter les longues soirées de solitude. Seulement voilà ! Au bout de quelques mois, un bruit sourd au démarrage et une vibration étrange. Diagnostic d’un concessionnaire de cette marque : volant moteur et embrayage à changer, soit plusieurs milliers d’Euros de frais. Son mari s’était voulu rassurant : « on ne paiera rien, on est sous garantie 12 mois » ; mais avec les voitures, rien n’est jamais simple ! Premier refus de l’assurance du garagiste – vendeur de prendre en charge les réparations (même en partie) au motif que le « volant » ne fait pas partie des pièces couvertes par la garantie. Il fallu néanmoins un mois à Marie pour obtenir une réponse écrite de l’expert. « Vous savez, lui avait-il confiée au téléphone, c’est un problème constructeur ; un grand nombre de véhicules de cette marque ont ce problème après seulement quelques mois de fonctionnement ; alors, on ne va pas prendre en charge un problème dont on est pas responsable ! » Ca a le mérite d’être clair ! De fait, en inscrivant « volant moteur ( + marque du véhicule)» sur un moteur de recherche connu, Marie et son mari découvrent beaucoup de témoignages de propriétaires (désabusés) qui ont du se résoudre à payer les réparations ou bien ont attendu des mois avant d’obtenir un dédommagement minime. « Qu’à cela ne tienne, on va se retourner contre la marque ! » lance le mari de marie. Naïveté touchante car nouveau refus du concessionnaire de prendre en compte les réparations. On tourne en rond, décidément. Courteline n’est pas né tourangeau par hasard ! Finalement, il faut se résoudre à demander une aide auprès d’un conseiller juridique ; encore des frais ; celui-ci conseille de dénoncer la vente pour vice caché. Un courrier en recommandé est envoyé (encore des frais) auprès du garage où le véhicule a été acheté, en Normandie mais pas de réponse. La procédure du silence continue ! A moins qu’il n’existe une mafia des vendeurs, concessionnaires, garagistes qui s’entend pour décourager toute réclamation des utilisateurs ? Marie appelle donc le garagiste ; très agacé, celui-ci peste contre les constructeurs qui « construisent de la m…et le savent bien», ne sont jamais poursuivis parce que trop puissants, et il déplore que les petits garages soient toujours les dindons de la farce. Il ajoute que si Marie dénonce le vice caché pour faire annuler la vente, son garage attaquera la marque et que cela prendra des années, avec de nombreux frais. Alors que faire ? Abandonner ? Qu’ont gagné Marie et son mari, au bout du compte ? Trois mois de procédure sans aucune réponse. Trois mois de galère, de coups de téléphone, de frais. De crainte, aussi, pour le mari de Marie, car ni le garagiste, ni le concessionnaire ne lui ont garanti que son épouse n’aurait pas d’accident, en utilisant cette voiture défectueuse dès sa construction ! Alors, quand Marie entend que cette marque offre la TVA à tout nouvel acheteur, elle ne peut que sourire avec amertume. Parce que, jouer la générosité quand on refuse d’assumer ses fautes, c’est mesquin et indigne d’un grand constructeur. « Que voulez-vous qu’on vous dise de plus ? »
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