Bonjour,
Delphine32 a écrit:
Je pensais que le rôle de l'expert se limitait, comme sa fonction l'indique, à expertiser un véhicule accidenté. Je ne comprends pourquoi cet échange n'a pas lieu entre moi et mon assurance. N'y a t-il pas une confusion entre valeur vénale et valeur de remplacement? Ma voiture est vieille et ne vaut économiquement pas 9900€. Mais d'un autre côté, le moteur fonctionnait, je venais de faire des réparations suite à un contrôle technique. A 2000€, je ne retrouve pas l'équivalent sur le marché des occasions.
L'expert que vous avez rencontré est :
- mandaté par votre assureur pour agir comme il a agit.
- obligé par la loi et la mission de son mandant de vous proposer de céder la voiture non réparée contre un chèque du montant de sa valeur de remplacement, laquelle est supérieure, par définition, à sa valeur vénale. En effet, la valeur de remplacement est représentée par la somme nécessaire mai suffisante pour racheter un véhicule identique en tout point ou s'en approchant du mieux possible alors que la valeur vénale est représentée par la somme que vous pourriez retirer de sa vente, somme tout à fait théorique et incontrôlable sauf à la vendre réellement...En outre, vous savez comme nous tous que ce que l'on veut vendre est réputé sur-estimé dans sa valeur par par le professionnel qui va vous acheter la voiture et ce que vous voulez acheter, considéré comme sous-estimé par celui qui va vous vendre...
Si vous estimez que les 2.00 euros offerts sont insuffisants, il faut :
- présenter à l'expert toutes les factures d'entretien et, surtout, des réparations importantes;
- présenter à l'expert des petites annonces (PA) de particuliers offrant à la vente une voiture identique à la vôtre en tout point ou s'en approchant du mieux possible. Il faut au moins 5 PA, car vous allez tirer un prix moyen des ces offres en les additionnant et en divisant le total obtenu par le nombre de PA retenues. Si ce prix moyen est nettement supérieur à l'offre faite, vous avez ainsi un bon argument pour demander une réévaluation de la somme qui vous sera nécessaire pour racheter un autre véhicule...
J'ai lu que dans le cas d'un accident non responsable, on devait se référer au code civil et non au contrat de l'assurance. Et que dans ce cas, j'ai droit à la réparation intégrale du préjudice que j'ai subi et le montant des réparations m'est dû. Qu'en pensez vous? Mon assurance a refusé et m'a répondu que la cour de cassation rappelle que l'indemnité réglée ne peut excéder la valeur du bien endommagée ou détruit. Que sa proposition était à prendre ou à laisser.
Votre argumentation vaut celle de votre assureur, ni plus ni moins. En d'autres mots, elles se valent...
Qu'est-ce que cela veut dire ? Tout bêtement que contrairement à ce que dit votre assureur qui ment par omission, la Cour de Cassation n'a, en fait, pas choisi !
Les deux chambres de cette Cour (pénale et civile) concernées par votre problème et celui de nombreuses personnes dans la même situation (voir les messages qui arrivent ici), après avoir été longtemps les tenantes de deux positions absolument contradictoires (*voir plus bas) , se sont mises d'accord pour laisser le juge du fond (juge du Tribunal d'Instance et/ou président du Tribunal de Grande Instance) décider s'il fallait indemniser la victime que vous êtes intégralement et sans se préoccuper de la valeur de remplacement du véhicule accidenté ou, au contraire, indemniser en ayant pour limitation de l'indemnisation la valeur de remplacement du bien détruit (ainsi que le dit votre assureur).
Comme il se trouve, d'une par, que la plupart des tribunaux appelés à indemniser une victime optent pour la solution d'une indemnisation intégrale mais limitée et que, d'autre part, cette solution favorise les intérêts des assureurs, l'usage, aujourd'hui et depuis de nombreuses années, veut qu'à l'amiable, les assureurs règlent leurs dossiers avec comme plafond la valeur du bien détruit telle que déterminée par l'expert ayant décidé que le Véhicule accidenté était Economiquement Irréparable (VEI).
Seules les voitures anciennes pratiquement disparues du marché de l'occasion et
pratiquement irremplaçables ou les voitures de vraie collection se verront réparées même si le coût en est supérieur à la valeur de la voiture.
Par conséquent, pour recevoir une indemnité égale au coût des réparations, vous n'aurez d'autre moyen que de lancer une procédure judiciaire contre votre adversaire ET son assureur, procédure dont le coût ne sera supporté par votre assureur que si vous obtenez mieux que ce qu'il vous aura proposé...Et ce mieux est pour moi, sincèrement, très hypothétique...
Suite à cet accident, j'ai été obligé de louer une voiture et je dois en trouver une de remplacement dans la précipitation. Puis je au moins demander à ce que l'assurance prenne en charge les frais occasionnés par le dommage?
Pour ce poste, vous pouvez réclamer une indemnisation pour privation d'usage de votre voiture. Cette indemnisation se calcule :
- soit avec un forfait journalier de 15/20 euros multiplié par le nombre de jours de privation (période comprise entre la date de l'accident et la date où vous aurez racheté une autre voiture - au plus tard le jour où vous aurez reçu le chèque d'indemnisation de la voiture)
- soit sur la base de la facture de location d'une voiture de même catégorie que la vôtre;
- soir par un mélange des deux, sans cumul possible quant aux dates.
De plus, l'expert me demande de signer "dans mon intérêt" une autorisation de transfert du véhicule vers un épaviste conventionné à titre conservatoire. Pourquoi est ce dans mon intérêt? Je pensais que ces frais de gardiennage sont à la charge de l'assurance.
Notons, au passage, que vous avez affaire à un expert qui prend soin de vous solliciter...c'est plutôt rare, : la plupart le font sans demander l'avis du propriétaire !... Eh oui !
Et "dans votre intérêt" c'est juste pour mettre la pression... A mon humble avis, vous pouvez donner votre accord car je suis convaincu que votre voiture ne sera pas réparée...
* Le renvoi :
Concerne la position ancienne de la Cour de Cassation et ses deux chambres citées :
- la criminelle (2ème chambre) accorde l'indemnisation à hauteur du coût des réparations justifiées quelle que soit la valeur de la voiture le jour de l'accident.
- la civile (2ème chambre), accorde l'indemnisation dans la limite de la valeur de la voiture le jour de l'accident.