Bonsoir,
Accidenté a écrit:La mauvaise volonté de ses parents risque de poser problème, alors que mon seul tort a été d'emprunter une voiture?
Bonsoir, Attendez, attendez… Vous n'avez pas tout à fait bien compris… Il ne s'agit pas ici que de la responsabilité pénale ("qui est en tort dans l'accident ?"), mais aussi (et surtout) de la responsabilité civile. Sur la responsabilité pénale, c'est comme d'hab', on examine qui a commis l'infraction génératrice de l'accident. Ce peut très bien être le vélo. La loi Badinter ne dit rien du tout là-dessus. Ce n'est pas elle qui fixe la responsabilité (au sens pénal) de l'accident. Elle ne fixe que la responsabilité, au sens civil, de l'indemnisation des dommages consécutifs.
Sur la responsabilité civile, c'est-à-dire les conséquences civiles, autrement dit "qui va dédommager qui", et en ce qui concerne plus particulièrement les dommages corporels (pour simplifier), la loi Badinter dit que, de toute façon, peu importe la faute commise par le vélo ou le piéton, quand bien même elle serait reconnue comme la cause principale de l'accident, le vélo et le piéton serait quand même indemnisé si cette faute n'est pas inexcusable ou si elle n'est pas la cause exclusive de l'accident, sauf s'il a recherché volontairement le dommage qu'il a subi, ou s'il a moins de seize ans ou plus de soixante dix ans ou titulaire d'un taux d'invalidité de 80% ou plus au moment de l'accident, une seule de ces conditions étant suffisante. Ne pas confondre les fautes génératrices de l'accident (c'est du pénal) et les fautes génératrices de dommages (c'est du civil), ce ne sont pas forcément les mêmes et une faute pour un automobiliste n'est pas forcément une faute pour un piéton ou un vélo.
Remarque : le fait de rouler sur une voie réservée à d'autres catégories de véhicules ne serait probablement pas considérée comme une faute de conduite génératrice de l'accident parce que cette infraction n'était pas de nature à surprendre le véhicule adverse, lequel devait s'attendre à voir déboucher un bus ou un vélo, donc un véhicule au sens large du terme, là ou un véhicule léger a débouché. Ne pas confondre avec un sens interdit, lequel interdit la circulation de tout véhicule quel qu'il soit. Dans ce cas, un usager normalement constitué n'est pas censé deviner qu'un abruti va en déboucher. Ensuite, ce seraient "les circonstances de l'espèce" qu'un tribunal examinerait pour déterminer qui est l'auteur de l'accident "en sa souveraine appréciation", comme ils disent. Quand on va jusque là. Rappel : toute faute commise au sens du code de la route n'est pas forcément une "faute de conduite ayant joué un rôle causal dans la survenance de l'accident " au sens de la cour de cassation, comme elle dit.
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