Essai Volkswagen Cross Polo 1.6 TDI 105
Ah, ces citadins. Toujours les premiers pour se démarquer. Après leurs vêtements ou coupes de cheveux excentriques, voilà que leurs voitures doivent ne ressembler à aucune autre.
Chez Nissan, on prend leur désir au mot : profil en théière, épaules larges et trois étages d'yeux donnent un Juke à peine plus long qu'une 207 mais aussi effrayant qu'un dinosaure.
La Volkswagen elle, part d'une base existante pour la jouer petit 4x4 : élargisseurs d'ailes, grosses roues, garde au sol élevée de 15 mm et barres de toit enjolivent la Polo de « base ». Dans les deux cas, il s'agit d'une illusion : deux roues motrices seulement.
Deux salles, deux ambiancesA l'intérieur, le Juke poursuit son numéro de charme : il colore ses plastiques de teintes vives, laisse admirer ses phares depuis le poste de conduite et propose un petit écran qui affiche tantôt les effets de climatisation, tantôt la puissance moteur utilisée.
Dans la Volkswagen, changement de décor : la seule différence avec la Polo classique réside dans la sellerie et la forme des sièges. Par rapport au Juke, la planche de bord est donc mieux finie, mais terriblement triste. Et l'équipement avoue déjà ses lacunes : ni clim automatique, ni prise USB, ni kit bluetooth. Le nippon est bien le plus branché.
Sobre ou joyeux ? Un Juke qui se lâche, une Polo plus timide... Une différence de tempérament qui se retrouve sur la route.
En Nissan, le conducteur s'éclate : direction précise, commande de boite rapide, et comportement joueur tranchent avec le grand frère Qashqai, bien plus paisible. Avec le petit moteur dCi associé à une boite courte, on prend donc du plaisir au volant, au prix de suspensions fermes et d'une mécanique un peu bruyante sur autoroute.
Ce n'est pas le cas de la Polo, et pour cause : sa boite à cinq rapports, très longue, privilégie la consommation mais étouffe le moteur lors des relances. Difficile de croire que la puissance est identique à cinq chevaux près.
Le TDI se montre aussi plus bruyant en ville, manque de nerf à bas régime, alors que la suspension rehaussée n'apporte pas un meilleur confort : les pneus taille basse « percutent » sur les bosses et engendrent des remontées dans la direction sur route bosselée. En devenant Cross, la Polo perd un soupçon de sa polyvalence.
Egoïstes De toute manière, ces deux acolytes ne sont pas taillés pour les familles. La Polo n'accueille pas idéalement ses passagers arrière. Et, avec 15 cm de plus en longueur, le Juke fait encore pire !
Son coffre est plus petit que celui d'une Twingo et sur la banquette, mieux vaut ne pas souffrir de claustrophobie vu la petitesse des vitres. Mais il paraît que, souvent, les citadins branchés n'ont pas d'enfants.
ConclusionPar rapport à une Polo classique, la version Cross se veut plus ludique à l'oeil, mais pas à l'usage.
Pour les acheteurs en quête de vrai changement, le Juke s'impose : look incroyable, planche de bord ludique, beau dynamisme, équipement plus moderne. Un véhicule plus branché, à l'image de son coffre si petit qu'il oblige à faire ses courses... via Internet !
Par Mathieu Sentis le 01/01/2011 - Source : 321auto
Commentaire sur l'essai Volkswagen Cross Polo 1.6 TDI 105
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