Essai Renault Latitude 2.0 dCi 175
C'est du réalisme L'échec de la Vel Satis a marqué, pour longtemps sans doute, celui du haut de gamme à la française. Alors oui, le nouveau vaisseau amiral de la gamme Renault est fabriqué en Corée. Oui, la Latitude est la copie quasi conforme de la Samsung SM5 lancée là -bas en janvier. Mais ce n'est pas déchoir.
En Europe, les constructeurs généralistes ont perdu la bataille des berlines haut de gamme, catégorie devenue chasse gardée des marques spécialisées allemandes. Le triste destin des trois dernières productions françaises en témoigne.
Renault ne s'en cache d'ailleurs pas : sans la SM5, jamais la Latitude n'aurait vu le jour. Les temps ont changé. L'époque est révolue où chaque Renault était conçue en fonction des goûts du public français. La Corée devrait représenter à elle seule 75 % des ventes mondiales de la SM5/Latitude. Et la France 5 % selon les estimations les plus optimistes. Dès lors, les Coréens ont forcément eu leur mot à dire.
Prix du segment inférieurPour venir en Europe, la Latitude a raffermi ses suspensions, redessiné sa planche de bord et sa calandre. Ses dCi sont estampillés Renault. Elle repose en sa partie avant sur un châssis Laguna.
Mais, sur le fond comme sur la forme, sa philosophie reste coréenne : c'est une berline offrant un vaste espace intérieur, pour un prix du segment inférieur. Un positionnement qui a déjà fait ses preuves chez les grandes routières, avec la Skoda Superb (4,85 m).
La Latitude ne regarde donc pas du côté des BMW Série 5, Mercedes Classe E ou Audi A6. Ses vraies rivales sont un cran plus bas : les familiales posées autour de 4,80 m, notamment Peugeot 508 (4,79 m) et Volkswagen Passat (4,77 m).
Sa ligne est certes moins affirmée, mais son gabarit (4,90 m) et son architecture tricorps lui confèrent à la fois stature et statut.
À reprendre le court empattement (2,76 m) de Laguna, la Latitude a toutefois été contrainte de choisir : coffre ou espace habitable. Elle a privilégié l'aisance de ses passagers arrière. Le volume de charge en souffre : 477 litres, quand la Superb, recordman du genre, affiche 633 litres.
Confortable, bien équipéeSon comportement routier est clairement typé confort : ses suspensions douces filtrent bien les inégalités, et sa boîte automatique sied à une conduite apaisée.
Elle n'offre pas, néanmoins, la vivacité et la sobriété garanties par les boîtes automatiques dernier cri, à 8 rapports chez BMW ou double embrayage dans le groupe Volkswagen : 9,9 s de 0 à 100 km/h et malus de 750 euros en version 2.0 dCi 175 quand nombre de ses rivales, à puissance égale, échappent à l'écotaxe.
Dès lors, la proposition dCi 150 ch à boîte mécanique reprend de l'intérêt : 2200 euros de moins et pas de malus.
Car le prix reste l'argument majeur de la longue Latitude, 34 700 euros dans une première finition Business déjà bien équipée : GPS, sellerie mi-cuir, accès et démarrage sans clef, peinture métallisée. Pour mémoire, une Vel Satis, en même configuration dCi 175 BVA6, exigeait 39 900 euros et consommait un litre de plus aux 100 km...
Par Xavier Chimits le 26/11/2010 - Source : 321auto
Commentaire sur l'essai Renault Latitude 2.0 dCi 175
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