Essai Mazda 3 MPS 260cv
La boule d'énergieTrès attendue en cette fin d'année 2006, l'explosive Mazda 3 MPS arrive enfin sur nos routes. Dernière arrivée dans le segment des petites GTI, la petite pile Mazda surenchérie en revendiquant aussitôt le haut du podium en terme de performances et de sensations. La concurrence ne manque pourtant pas.
Faire passer 260 ch sur le seul train avant est une gageure, le différentiel autobloquant a intérêt à se montrer diablement efficace ! Nous allons voir si ce choix est cohérent ou si la Mazda 3 MPS n'est qu'une machine à burns.
Gros poumonsDe prime abord, la Mazda 3 MPS passe relativement inaperçue. Notre modèle d'essai arbore une couleur noire assez passe partout, les galbes, les grosses entrées d'air et le (faux) extracteur arrière ne sont pas mis en valeur, mais c'est mieux ainsi. En cette période de fêtes, je n'ai pas envie de me faire contrôler tout les 100 mètres avec la version rouge pétante que j'ai repérée au parc presse. D'ailleurs, l'éminent bombage du capot qui surplombe le regard courroucé de la belle devrait suffire à inquiéter la maréchaussée, qui pourrait douter de l'origine "de série" de cette version bodybuildée. En réalité, il permet simplement à l'énorme échangeur d'air du Turbo de trouver une place sous le capot.
En s'attardant sur les détails, on remarque que cette berline 5 portes est chaussée de grandes jantes de 18 pouces et de pneumatiques en 215/45, qu'un important becquet domine la poupe et qu'une cheminée a été installée en guise d'échappement. Les imposants boucliers et les bas de caisses réduisent la garde au sol, le petit bolide ne devrait pas manquer de portance.
Habitacle peu qualitatifUne fois à bord, je retrouve l'austérité de la carrosserie noire. Cette fois, ça me plait moins. Mis à part les beaux (et imposants) sièges baquets, qui se montrent d'ailleurs très confortables et qui jouent parfaitement leur rôle de maintien, j'ai déjà vu plus sportif comme ambiance. On se croirait presque dans une Subaru Impreza, c'est dire !
A part les surpiqûres rouges du volant, du levier de vitesses et des sièges, le reste est relativement sobre et n'est pas franchement à la hauteur de la concurrence. Seul un bandeau en aluminium brossé de couleur anthracite parcours l'habitacle. Pour un style homogène, le compteur (qui pointe à 280 km/h) et la console centrale s'illuminent de rouge (le compteur en bleu la nuit), les tapis de sol auraient gagné à rester noirs. Globalement les plastiques du tableau de bord ne sont pas très qualitatifs, du rigide et encore du rigide, ça sonne creux et c'est assez moche. Du moins à mon goût.
Concernant les équipements, la belle démarre sans clef mais fait l'impasse sur le GPS, les modèles qui équipent les Mazda ne seraient de toute façon pas assez rapides. Je plaisante pour le GPS, ce n'est pas le cas pour le système de vitres électriques : ces commandes sont les moins pratiques qu'il m'ait été donné d'essayer ces dernières années, il faut s'y reprendre à plusieurs fois pour stopper la vitre à la hauteur souhaitée. Tant que nous sommes dans les petits désagréments, la position de conduite n'est pas non plus la plus instinctive qui soit, il faudra un peu de temps pour trouver les réglages du siège et du volant. A l'arrière, la place ne manque ni en largeur, ni aux jambes. La Mazda 3 dispose de 5 portes et accueille confortablement 5 personnes d'un gabarit moyen.
ElastiqueEnfin des sensations ! Inauguré sous le capot de sa grande soeur la Mazda 6 MPS, le 4 cylindres 2.3 litres turbocompressé de 260 ch fait des étincelles dans la Mazda 3. Cette dernière ne profite pas de la transmission "4 roues motrices" et se contente d'un simple (et économique) mode traction couplé à un différentiel autobloquant à l'avant. Dans ces conditions, la MPS ne se montrera réellement efficace que sur revêtement sec. Autour de 3000 tr/min, dès que le Turbo entre en action (ici pas sifflement mais un gros bruit d'aspiration impressionnant), elle se transforme en véritable canon, et projette ses occupants dans l'irraison la plus totale à des vitesses complètement inavouables et délictuelles. Il ne faut ainsi que 6.2 secondes pour franchir les 100 km/h et 20 secondes de plus pour que les 1485 kg parcourent un kilomètre.
Avec une telle puissance, il faudra faire attention de bien tenir le volant afin d'éviter d'être envoyé sur le bas côté à chaque rétrogradage : En écrasant la pédale d'accélérateur, l'autobloquant tente de répartir la puissance, mais avec un couple de 380 Nm les pertes de motricité sont fréquentes, et la direction ne sait plus trop où donner de la tête. Heureusement l'ESP veille au grain, si vous ne le déconnectez pas, il améliore la docilité des canassons et vous évite de faire fumer les pneus.
Autrement, moteur à température et à vitesse réduite, la mécanique se montre assez confortable et suffisamment souple pour être utilisée au quotidien. La commande de boîte est douce et les 6 vitesses s'enclenchent parfaitement, nous aurions été comblés si les premiers rapports disposaient d'un peu plus d'allonge. Seule la consommation de Super 98 réduira quelques ardeurs, mais le Turbo se déclenche assez tard pour permettre de gérer cela.
Test dynamiqueC'est sur la tenue de route que l'on attend la MPS au virage. Et là , c'est la surprise : Si en ligne droite le train avant se déleste à chaque accélération, en courbe c'est une autre histoire, un train sur ses rails ne ferait pas mieux. L'autobloquant se révèle très efficace, tout comme le châssis développé sur la même plateforme que la Ford Focus ST. Nous avions rarement constaté un comportement aussi peu sous-vireur et équilibré sur une traction. De plus, les différentes aides électroniques sont partiellement ou totalement déconnectables. Petit bémol, la direction quant à elle gagnerait à être plus directe.
A 27 200 €, cette bouillante Mazda 3 ne pouvait être parfaite. C'est sur l'amortissement qu'elle pêche et c'est ce point qui lui coûtera des points sur la note finale. La suspension indépendante type Mc Pherson à l'avant et multibras à l'arrière, se montre très ferme et pénalise l'agrément de conduite sans pour autant se montrer diablement efficace. Sur route vallonnée, vous risquez ainsi de ne plus sentir la route en cas d'excès de confiance. Heureusement, les disques ventilés de 320 mm à l'avant ne manquent jamais à l'appel.
ConclusionA ce tarif imbattable,aussi compétitif que celui de l'Astra OPC et de la SEAT Leon Cupra, la Mazda 3 doit faire des concessions. Celles-ci ne dérangent qu'un maniaque essayeur de 321Auto et sont complètement occultées par des performances et des sensations encore inconnues dans le segment. Point de linéarité, on se prend un véritable coup de pied aux fesses à chaque accélération. A l'attaque, certains ne supporteront pas de sentir le volant se balader brutalement de gauche à droite, personnellement, tant qu'à acheter une sportive, je préfère cela à un ESP trop intrusif. La Mazda 3 MPS gagne donc mon suffrage.
Par Stéphane Capela le 22/12/2006 - Source : 321auto
Commentaire sur l'essai Mazda 3 MPS 260cv
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