Essai Hyundai Genesis Coupé V6 - 3.8
Vous aimez les trajectoires au « cordeau », les freinages appuyés et constants, les boîtes automatiques ultra-réactives ? Alors. fuyez ! Ici, on se moque de la rigueur et on privilégie l'amusement : antidérapage débranché, les 303 ch du V6 3,8 l font danser le train arrière sur le sec, le rendent indomptable sous la pluie.
Et si la route se dégrade, la conduite sportive se transforme en séance de rodéo. Sur les bosses, le Genesis pompe, rebondit, subit des écarts de trajectoires ou ne suit pas son cap à l'accélération. Un coupé dont il faut « s'occuper » à rythme soutenu, chose que peu de sportives nécessitent aujourd'hui.
Il faut dire que le moteur a du souffle, malgré le poids élevé de l'ensemble (1 640 kg). Le gros V6 atmosphérique se montre souple à bas régime, émet un feulement sympathique aux alentours de 3 000 tr/min et se dégourdit les soupapes jusqu'à plus de 6 500 tours/min, après une accélération linéaire mais franche. A cet instant précis, l'ancien coupé Hyundai disparaît définitivement de nos pensées. Souvenez-vous : pas plus de 167 ch en V6, roues avant motrices et 23 cm de moins en longueur !
Le Genesis lui, discute plutôt (sur le papier) avec un Nissan 370Z BVA ou un Porsche Cayman S PDK, facturés respectivement 7 200 euros et 30 000 euros plus chers ! A ce tarif, l'indulgence est donc de mise envers le coréen. qui ne satisfera pas toutes les clientèles.
Ainsi, les sportifs pesteront contre le manque de rigueur du châssis hors des routes sèches et lisses, ou la présence obligatoire de la boite automatique : douce en mode normal, elle est lente en mode manuel et ignore les codes sportifs (elle passe son rapport seule à haut régime et rétrograde sans coup de gaz).
A l'opposé, les acheteurs « bourgeois » n'affectionneront pas ce vaste coupé, pourtant plus cossu qu'auparavant dans sa présentation ou son équipement : le confort est sec à basse vitesse, la garde au toit arrière interdit l'accès aux adultes et le coffre n'accueille pas les bagages de plus de deux personnes. Quant à la dotation, riche en soi, elle fait l'impasse sur le kit Bluetooth ou la navigation GPS, indisponibles même en option.
Alors ? Le Genesis a le cul entre deux chaises. C'est justement ce qui fait le charme de ce spécimen atypique, au dessin agréable et au caractère entier. Et puis, vous n'êtes pas obligé de le prendre en jaune.
ConclusionUn bruit sympathique, du caractère à revendre, quelques défauts et un prix d'ami résument l'attachant Genesis à moteur V6. Pour 3 000 euros moins cher, sachez qu'il existe une version 2.0 turbo de 200 ch, surement moins musicale mais plus sportive : boîte mécanique et 120 kg de moins sur la bascule.
Par Mathieu Sentis le 14/06/2011 - Source : 321auto
Commentaire sur l'essai Hyundai Genesis Coupé V6 - 3.8
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