Essai Ford Shelby GT500
Un mythe bien fondéNée en 1967 dans les ateliers de Carroll Shelby, la Shelby GT500 est une version affutée de la Mustang produite par Ford. Depuis 2005, la Shelby GT500 est développée par la branche sportive du constructeur allemand : SVT. La version 2010 que nous essayons aujourd'hui est un véritable clin d'oeil au passé. Ce qui ne veut pas dire que SVT s'est refusé à tout modernisme.
La renaissance d'EléanorL'allure est fidèle à l'originale. On retrouve le code génétique de la Mustang. Ses flancs creusés, ses hanches musclées et son dos courbé. La Shelby GT500 est plus imposante mais semble toujours prête à bondir.
Le capot bombé en surplomb de la calandre, la gueule béante du cobra est impressionnante. Assurer le rafraîchissement de la bête semble plus essentiel qu'optimiser l'aérodynamique. D'ailleurs, si à l'arrière les prises d'air latérales disparaissent, une énorme hotte, malheureusement en banal plastique, intègre le capot en aluminium pour extraire la chaleur du volcan. L'arrière train reçoit un becquet de malle et un diffuseur afin d'augmenter l'appui à grande vitesse.
A l'ancienneA bord, l'ambiance « old school » offre une grosse bouffée d'exotisme. Placages en aluminium, levier de vitesse à l'ancienne, baquets et volant sports tendu de cuir et d'Alcantara. Les bandes blanches « Le Mans » de la carrosserie parcourent aussi les quatre sièges. Le style est superbe, tant que l'on n'est pas trop regardant sur la finition. Tous les plastiques sont rigides, et pas forcement flatteurs. Mais ce n'est pas vraiment une surprise. Sous la planche de bord qui semble être une extension du capot, le grand écran de GPS et la climatisation manuelle sont moins traditionnels, mais toujours pratiques.
La reine de la jungleQuelques irréductibles constructeurs proposent encore une déclinaison moderne de leur Muscle cars fétiche : Dodge a revisité la Challenger en SRT8 et Chevrolet la Camaro SS. Mais avec 540 ch à 6200 tr/min et un couple faramineux de 691 Nm disponible dès 4500 tr/min, le V8 - 5.4 litres de la Shelby délivre 100 ch de plus que ses rivales. Autant dire qu'elle ne leur laisse aucune chance.
Sous le capot, le big-block surcompressé et son énorme filtre à air conique exploitent toute la place disponible. Au démarrage, le grondement rauque de la mécanique ne laisse planer aucun doute quant à son agressivité. Avec un tel look, nous aurions imaginé quelque chose de vraiment délirant. Un peu comme lorsqu'un Yacht géant quitte le port de St-Tropez. Mais, en bon chef d'orchestre, SVT s'est efforcé de contrôler la sonorité du compresseur et de l'échappement pour les rendre moins intrusifs à bord. Résultat, la sonorité est plus noble, et à chaque accélération on apprécie pleinement le rugissement typique du V8 américain. Nous vous laissons juger par vous-même.
Farouche mais apprivoiséeRageuse et brutale jusqu'à 6250 tr/min, la Shelby est indomptable à froid. A chaque pression sur l'accélérateur, elle menace de vous déborder. Sur les pavés parisiens, les roues arrière n'en finissent pas de cirer. Même les monstrueux pneumatiques hautes performances Goodyear F1 Supercar de 19 pouces (255 AV et 285 AR) ne supportent pas la puissance du moteur.
Tant que l'huile n'est pas montée en température, le passage des 6 rapports de la boîte mécanique équivaut à une séance de musculation. Il faut être un peu fou furieux pour créer une machinerie aussi virile ! D'autant que le freinage Brembo pourtant à 4 pistons est ridicule d'efficacité et d'endurance. Surtout pour une auto qui pointe à 315 km/h.
Mais une fois bien chaud, le Cobra devient étonnamment efficace. La Shelby se révèle même plutôt stable et prévenante malgré son pont arrière rigide. La répartition des masses joue en sa faveur (58 % AV / 42 % AR), et les garde-fous modernes contiennent poliment sa fougue. Si vous êtes vendeur de pneus, vous pouvez alors désactiver l'ESP pour découvrir les joies de la conduite en crabe. Mais inutile de chercher des virages partout pour débuter la danse. Même en ligne droite, tout rétrogradage intempestif se solde par une belle ruade du train arrière.
Afin d'optimiser la motricité, Ford a baissé le ratio de l'essieu arrière de 3.31 :1 à 3.55 :1 La Shelby explose alors le 0 à 100 km/h en 4.3 secondes. Incroyable pour une mécanique aussi rustique. Pour apporter un peu de civisme, les 5èmes et 6èmes rapports de la boîte de vitesses ont été allongés afin de réduire le régime moteur et la consommation sur autoroute. Comme quoi, on peut marier l'utile et l'agréable.
ConclusionDisponible en version coupé à partir de $46 325 et en cabriolet, la Mustang Shelby GT500 est une bête sauvage comme on n'en fait plus que de l'autre côté de l'Atlantique. Sa conception est du siècle dernier, mais sa notice d'utilisation ne diffère guère d'une GT actuelle. Et le plaisir est toujours aussi intense. Merci SVT de faire perdurer la légende.
Par Stéphane Capela le 21/04/2010 - Source : 321auto
Commentaire sur l'essai Ford Shelby GT500
+ d'essais Coupé
Mini Coupé Cooper S - Voir l'essai
Volkswagen Beetle 2011 - Voir l'essai
Jaguar XKR-S - Voir l'essai
Mini Coupé JCW - Voir l'essai
Tous les essais Coupé
+ d'essais Ford
Ford Focus 1.6 SCTi 182 - Voir l'essai
Ford Focus 2011 - Voir l'essai
Ford S-Max 2.0 TDCI 163 - Voir l'essai
Ford Fiesta 1.6 TDCi Sport - Voir l'essai
