Essai Corvette C6 Victory Edition
Une Corvette plus raffinéeSi les qualités intrinsèques de la Corvette ne manquent pas, celle-ci souffre pourtant en Europe de ses origines Yankee, donc de l'image d'une sportive surpuissante qui doit traîner une caisse qui pèse des tonnes, qui ne tient pas la route et qui trimballe ses occupants dans la tristesse de son habitacle peu qualitatif et mal fini.
La Corvette C6 "Victory Edition" devrait faire relativiser quelques détracteurs. Produite à 250 exemplaires pour l'Europe afin de célébrer les nombreux podiums des C6.R, notamment aux 24h du Mans en catégorie GT1, cette série limitée offre toutes les options possibles à la belle sportive américaine. Si cette C6 ne fait toujours pas dans la dentelle avec son nouveau "Small Block LS3", elle devient aujourd'hui plus raffinée en bénéficiant d'un équipement pléthorique digne des références du segment et même parfois meilleur.
Pour continuer dans l'esprit confort, nous avons essayé la version boîte auto. Voyons comment se positionne cette challengeuse U.S. full options, si elle conserve les qualités qui ont fait son succès, et surtout si elle a su travailler ses faiblesses.
Un look intemporelDepuis la célèbre C3 Stingray commercialisée jusqu'en 1982, le look de la Corvette n'a cessé de s'assagir. Nous trouvions que la C4 manquait de galbes et que la C5 était ballonnée, avec la 6ème génération nous assistons à un retour aux sources, nous sommes comblés.
Terminé le style arrondi de l'ancienne génération, la Corvette récupère une allure virile à souhait pour notre plus grand bonheur. Plus trapue avec ses porte-à -faux raccourcis, la silhouette oppose avec merveille une face avant affûtée et un imposant arrière tronqué, désormais de forme concave avec le becquet qui intègre le 3ème feu stop. Le profil est ainsi d'un dynamisme saisissant, encore amplifié sur cette série spéciale par des roues de compétition en aluminium gris anthracite de taille asymétrique, 18" à l'avant et de 19" à l'arrière.
En travaillant les finitions, la ligne de la Corvette gagne en fluidité : découpe des portes, intégration des poignées, forme des extracteurs, aucun détail n'est oublié, tout est pensé "plus sportif" que sur la C5. S'en est ainsi également terminé des disgracieuses protections latérales de la carrosserie. Plus rien ne vient alourdir le style dessiné par l'impressionnante musculature de la belle.
Côté éclairage, pour ne rater aucun virage, les optiques au Xénon plus efficaces et légères remplacent avantageusement les phares escamotables qui étaient pourtant si caractéristiques à la Corvette. A l'arrière, les quatre feux ronds sont de retour, en surplomb de l'énorme diffuseur qui intègre le mélodieux échappement central à quatre sorties.
Habitacle Cadillac-isé !L'habitacle de la Corvette C6 était déjà plus accueillant que celui de l'ancienne génération, notre modèle d'essai "Victory Edition" creuse encore le fossé en profitant de tous les raffinements et options disponibles au catalogue.
Panneaux de portes, tableau de bord, sièges, tout est rajeuni et semble profiter du savoir faire de la référence en la matière dans le groupe GM : Cadillac et sa gamme "V-Series". Nous retrouvons ainsi du cuir surpiqué autour de la console centrale et de la confortable sellerie cuir bi-ton, des écussons brodés sur les appuis-tête et quelques cerclages de chromes ici et là . Seuls quelques détails ternissent le tableau, tels que le volant très laid et trop grand, ou certains plastiques peu qualitatifs de la console centrale se mariant mal avec le plaquage façon carbone.
Si nous ne sommes pas encore à bord d'une Ferrari 575 M Superamerica, la Corvette se distingue tout de même de la concurrence par son Hard-Top, facilement démontable, même seul, qui permet de cruiser les cheveux au vent sans connaître les désagréments d'un cabriolet. La capacité de son énorme coffre, variant de 634 à 144 dm3 avec le toit rangé dans son emplacement spécifique, est incontestablement un autre point positif.
Full optionsCôté équipement, la Corvette "Victory Edition" profite de série de ce qui se fait de plus moderne : ouverture centralisée et démarrage sans clef, climatisation bi-zone, système de navigation DVD / MP3 avec écran tactile et reconnaissance vocale, installation Hi-fi Bose à 7 haut-parleurs, sièges chauffants réglables électriquement (lombaires et latéraux) avec fonctions de mémorisation, airbags latéraux et frontaux à deux seuils de déploiement, contrôle de pression des pneumatiques, régulateur de vitesse. C'est l'Amérique !
Notre C6 bénéficie surtout d'un inédit "système d'affichage tête haute" comme sur les avions de chasse ! Qui projette de multiples informations au pare-brise, dont la vitesse, évitant ainsi au conducteur de quitter la route des yeux. Un système intéressant en théorie, qui pèche malheureusement par la quasi-illisibilité de certaines informations une fois en situation. En effet, concernant la force centrifuge (accélération latérale), c'est soit on suit le virage, soit on regarde le pare-brise en tentant de déchiffrer les minuscules infos, mais c'est risqué de faire les deux en même temps !
437 vrais purs sangs !Sous le capot, nous retrouvons le noble V8 "Small Block" en aluminium, plusieurs fois revisité mais toujours aussi bestial dans cette version LS3 portée à 6.2 litres. Le secret de son tempérament, c'est sa conception à l'ancienne. Il faut que ça vibre, ça vrombisse, ça vive ! Et pour cela, rien de tel qu'un bon vieux V8 à l'américaine ! Un V8 U.S. donc, mais pas n'importe lequel, et surtout pas celui de la Cadillac XLR-V d'une puissance équivalente mais bien trop civilisé avec ses 4 arbres à cames, sa distribution variable et son compresseur. Celui de la Corvette est atmosphérique et dit culbuté (2 soupapes par cylindre et un unique arbre à cames central) pour un max de sensations !
Les performances qu'il propose sont par contre très actuelles. Avec une puissance de 437 ch à 5900 tr/min et un couple de 575 Nm disponible dès 4600 tr/min, le 0 à 100 km/h ne demande que 4.4 secondes avec la BVA et la vitesse de pointe atteint allègrement le seuil des 300 km/h. Des chiffres impressionnants pour des performances ébouriffantes dignes d'engins appartenant à l'armée de l'air, et qu'il faut rapporter à un excellent rapport "poids / puissance" : 3.31 kg / ch (contre 3.62 pour une Porsche 911 GT3 !).
Malgré cela, les consommations restent étonnamment raisonnables (enfin un peu de raison dans cette C6). En effet, grâce à certains éléments de carrosserie en matériaux composite, la Corvette reste contenue à 1450 kg et la consommation moyenne autour de 15 litres / 100 km, qui l'eut crut ! Sa souplesse est au moins toute aussi déconcertante. Le troisième rapport permet par exemple de circuler tout aussi bien à 50 km/h aux alentours de 1000 tr/min, qu'à plus de 200 km/h au rupteur à 6600 tr/min !
ConclusionLa Corvette C6 a aujourd'hui atteint un certain aboutissement. Son look est plus sportif que jamais, son habitacle est plus agréable à vivre et son comportement est plus "accessible". Moins ostentatoire qu'une Porsche 911, elle n'en n'est pas moins une authentique voiture de sport, appréciable pour son exotisme et ses performances hors du commun. Ses atouts sont nombreux mais le principal est sans conteste ses tarifs à l'Américaine.
A 75 690 € avec la boîte auto, la C6 "Victory Edition" s'affiche 20 000 euros plus chère que l'entrée de gamme. Un surcoût justifiable pour la technologie embarquée et le raffinement dont bénéficie cette version limitée à 250 exemplaires, surtout si l'on tient compte des tarifs bien plus onéreux de la concurrence. Elle n'a ainsi plus à rougir face aux références de la catégorie, et n'est d'ailleurs disponible qu'en jaune ou en noir.
Petite cerise sur le gâteau, en ouvrant les portes de la "Corvette Performance Academy", cette série spéciale "Victory Edition" permet à ses possesseurs de profiter des conseils avisés de vrais professionnels sur circuits. Selon nous, une étape indispensable !
Par Stéphane Capela le 19/11/2008 - Source : 321auto
Commentaire sur l'essai Corvette C6 Victory Edition
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