Essai Audi A7 Sportback 3.0 TDI
Les temps changent. Il y a dix ans à peine, une berline à quatre portes motorisée par un diesel n'avait rien d'un choix d'épicurien. Plutôt de conformiste.
Puis vint la CLS première du nom, et avec elle le concept du coupé à quatre portes. Le terme est absurde, l'idée excellente : pavillon abaissé, portière arrière effilée et poupe plongeante ont redonné l'allure qui faisait défaut aux « familiales ». Alors, d'autres marques ont suivi : Volkswagen Passat CC en 2008, Audi A5 Sportback en 2009, BMW Série 6 quatre portes... pour 2012.
Aujourd'hui, la pionnière CLS se renouvelle. Et bute sur un spécimen concurrent, arrivé au même moment : l'Audi A7, reine des Sportback.
À conduireYeux bandés et volant en mains (imaginons...), difficile de faire la différence entre les anciennes Classe E et CLS : même confort moelleux, même comportement pataud, même feeling Mercedes.
Aujourd'hui, les deux sours n'ont plus rien à voir. Notre CLS d'essai équipée du Pack Sport à 1 600 euros (jantes de 18 pouces et suspension sport), nous a même fait sourire dans les sinuosités : direction directe, train avant incisif, dérives progressives à l'accélération, bref, un côté ludique que nous n'aurions jamais imaginé d'une Mercedes de 1 800 kg.
Le moteur ? Un morceau de choix : une nouvelle évolution du 3.0 diesel, fort de 265 ch et 620 Nm de couple, soit plus qu'une Ferrari 599 GTB (608 Nm). Pied au plancher, cette longue limousine file plus vite que son ombre, martyrisant ses pneus arrière sur le sec et le voyant d'antipatinage sur le mouillé.
Dans l'A7, point de problème similaire. D'abord, parce que son couple est en retrait (500 Nm). Ensuite, parce que sa puissance est répartie aux quatre roues.
Cela ne rend pas l'Audi ennuyeuse à conduire pour autant, car elle est équilibrée, son freinage est mordant et sa transmission à double embrayage est plus réactive que celle, à convertisseur, de la Mercedes. Elle évite également les légers à -coups ressentis en CLS dans une circulation en accordéon. Celle-ci pourra rétorquer qu'elle maîtrise mieux ses vibrations d'origine mécanique au ralenti.
A vivreNous ne sommes pas au sommet de la gamme, mais les habitacles de nos deux concurrentes pourraient rendre jalouses les grandes soeurs A8 et Classe S. Ajustages précis, matériaux de qualité, moult teintes de cuir ou éclairages nocturnes disponibles en option, les passagers avant ont de quoi s'extasier.
Dans cette course au luxe, l'Audi prend un léger avantage. Son écran GPS, géant, peut se rétracter pour rendre plus élégante et sobre la planche de bord.
Son ergonomie est encore mieux pensée que celle de la Mercedes, grâce aux commandes du système MMI plus simples, lisibles, logiques. L'A7 manque en revanche de rangements. Surtout comparée à la CLS, dont l'absence de levier de vitesses (un sélecteur se cache derrière le volant) dégage de généreux vide-poches.
ConclusionNous pourrions vous dire que l'A7 remporte ce match : malgré son moteur moins bluffant, elle surpasse la CLS en termes d'équipement, d'ergonomie, d'agrément de boîte de vitesses ou de sécurité grâce aux quatre roues motrices de série.
Mais puisque ces voitures s'achètent avant tout pour leur ligne, vous aviez déjà fait votre choix, n'est-ce pas ?
Par Mathieu Sentis le 08/03/2011 - Source : 321auto
Commentaire sur l'essai Audi A7 Sportback 3.0 TDI
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