Essai Audi 50
Les temps changentPour beaucoup l'unique "petite" Audi demeure l'A2 lancée en 2000. Mais en remontant un peu plus loin on retrouve trace d'une Audi 50 qui ne fut autre que la soeur jumelle de la Volkswagen Polo. Cette dernière l'ayant d'ailleurs rapidement éclipsé. Trente cinq ans plus tard, l'A1 a pris la relève...
Cigare aux lèvres, Norbert ne mâche pourtant pas ses mots ! Il ne faut pas lui parler de CO2, de filtre à particules, tout juste s'est il habitué aux pots catalytiques !
Et, quand il évoque les futures lois censées interdire les véhicules d'avant 1997 des centres villes, il fulmine.
Norbert roule quasiment tous les jours avec son Audi 50, modèle 1975 ! Si vous circulez en région parisienne vous aurez de grandes chances de le croiser.
Pourtant Norbert n'est pas passéiste. L'Audi A1 attire tout de suite son attention, sans doute parce qu'elle arbore une livrée dans l'habitacle qui fait référence aux modèle Quattro des années 1980 dont nous vous reparleront plus loin.
Cette Audi 50 est une première main, millésime 1975 appartenant autrefois à une mamie qui roulait très peu. 43 252 km au compteur !
Norbert a repeint la carrosserie dans sa livrée d'origine jaune d'or et les jantes en gris métal comme à la sortie de la chaîne de montage.
Façon Golf Le style de l'Audi 50 marie les surfaces planes et le registre cubiste, ce qui tranche notablement avec l'A1 plus en rondeurs tranchées néanmoins par des lignes affutées et une face avant très agressive.
Cette Audi 50 du premier millésime est reconnaissable par les coins francs sur le pavillon, les modèles commercialisés en 1977 auront droit à un pavillon chanfreiné.
Avec ses petits feux arrière, ses deux phares ronds, ses barrettes de chromes et son échappement à même la tôle du bas de caisse arrière, l'Audi 50 rappelle évidemment sa cousine lancée l'année d'avant, la Volkswagen Golf.
Elle est un brin plus fantaisiste avec le jonc chromé qui s'achève en virgule ascendante sur la custode.
L'habitacle est quant à lui strictement d'époque. Moquette épaisse au sol, sièges velours marron et garnitures en skaï chocolat ont très bien traversé les épreuves du temps.
La planche de bord tranchée par un décor vinyle façon bois précieux, un standard dans les années 1970, recèle le strict minimum à savoir trois boutons et une molette.
Tandis que l'instrumentation fait l'impasse sur le compte tour, Ã l'emplacement duquel s'implante une horloge.
Il n'y a pas de console centrale, le levier de vitesse est posé à même le sol.
Cette ambiance quasi monacale se retrouve sur les contreportes dont la platitude n'est interrompue que par la manivelle pour descendre la vitre et par un accoudoir qui sert à la fois de poignée pour tirer la porte à soi et qui recèle aussi une tirette pour ouvrir la porte. Un exemple d'intégration parfaite.
L'épaisse moquette est fendue pour laisser apparaitre le levier du frein à main.
Cinq à bord Aux places arrière, lesquelles sont dépourvues de ceinture de sécurité - la législation ne les imposera qu'en 1990 (1973 pour l'avant) - les flancs carrés de l'habitacle permettent à trois adultes de se tasser, les passages de roues sont apparents aux extrémités de l'assise. Chacun aura un peu la tête dans le pavillon, au ras du hayon.
Une simple sangle positionnée sur le montant de caisse permet néanmoins de s'extraire avec aisance.
Pour la modularité, il faudra se contenter d'une banquette monobloc pour l'assise comme pour le dossier.
Clin d'oeil aux originesQu'il est plaisant de voir qu'Audi renoue enfin avec son glorieux passé sportif.
La décoration vintage avec le cuir orange et les bandes tricolores (orange, gris clair et gris foncé) traversant l'habitacle et imprimées dans les sur tapis , reprend les teintes revêtues par les versions Quattro dans les années 80.
Des modèles qui ont largement contribué à la renommée actuelle de la marque.
Passé l'aspect déco, l'habitacle de l'A1 recèle le nec plus ultra en matière d'équipement !
GPS escamotable au sommet de la planche de bord, système stop&start qui coupe le moteur à l'arrêt, climatisation automatique sans omettre un lecteur de carte SD pour embarquer votre musique favorite - l'Audi 50 n'avait pas d'autoradio de série.
Le volant dispose de deux satellites, lesquels contrôlent l'afficheur central positionné entre le tachymètre et le compte tour, un affichage personnalisé qui comporte une indication numérique de la vitesse, fort pratique en ville par les temps qui courent.
A l'arrière de l'A1, deux adultes prennent place, l'auto n'est homologuée qu'en quatre places, l'assise de la banquette est d'ailleurs scindée en deux par des portes gobelets.
La sensation d'espace n'est pas manifeste, néanmoins, le vaste toit ouvrant positionné au dessus des places avant illumine l'habitacle.
ConclusionIdyllique l'Audi 50 ? Comparée à une auto moderne la mécanique parait poussive et surtout lorsqu'il faut freiner mieux vaut prévoir une distance suffisante. Heureusement Norbert m'avait prévenu ! Il s'agit en fait plus d'un ralentisseur que d'un système de freinage.
Mais l'Audi 50 demeure très attachante, sa présentation sobre n'est certes plus au goût du jour mais sa simplicité et sa robustesse ont fait leur preuve, c'est bien là l'essentiel.
Par Didier Ric le 20/05/2011 - Source : 321auto
Commentaire sur l'essai Audi 50
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