Essai Alfa Romeo Brera 1750 TBi 200 - photo, avis, technique

Essai Alfa Romeo Brera 1750 TBi 200

Beauté visuelle Alfa Romeo Brera 1750 TBi 200 Beauté visuelle
Depuis le retrait du mélodieux V6 Arese, il y a deux ans, et le remplacement progressif des moteurs "Twin Spark" pour des mécaniques essence du groupe General Motors sans caractère, le charme "à l'italienne" avait peu à peu déserté le coeur des Alfistes. La pilule était d'autant plus dure à avaler que les moteurs diesel étaient les seuls à porter les couleurs de l'Italie. Sacrilège !

Mais cette tragédie est aujourd'hui terminée, les pur-sang italiens sont de retour sous les capots Alfa. Pour ce retour glorieux, le constructeur transalpin n'a d'ailleurs pas fait les choses à moitié, il a conçu un nouveau 4 cylindres essence de même cylindrée (1750 cc) que les célèbres 1750 Berlina et GTV 1750 qui ont marqué les années 60 et 70.

Un demi-siècle plus tard, le plaisir de conduite en Alfa Romeo est-il toujours intact ?
Du très bien et du beaucoup moins bon Alfa Romeo Brera 1750 TBi 200 Du très bien et du beaucoup moins bon
Sculpturale, séduisante, sensuelle, magnifique, agressive, élégante... les mots pour décrire les lignes du coupé Brera ne manquent pas. Il faut avouer que c'est un véritable chef d'oeuvre qu'a dessiné l'italien Giorgetto Giugiaro en 2005. Quatre ans après, la belle italienne fait toujours autant tourner les têtes sur son passage, surtout dans cette magnifique livrée rouge Alfa de notre modèle d'essai.

D'un côté, on est séduit par l'ambiance sportive qui se dégage de la Brera. La console centrale orientée vers le conducteur avec inserts en carbone (pack Sport à 500 €), les trois manomètres à aiguilles, les inscriptions en italien, le pédalier en aluminium, le volant à trois branches en cuir surpiqué ou encore les sièges sport sont autant de détails qui mettent l'eau à la bouche.

Une fois à bord, notre enchantement redescend aussi vite qu'il est monté. De mémoire de journalistes, nous ne nous sommes jamais retrouvés aussi mal installés dans un coupé et malgré toute notre bonne volonté, nous ne sommes pas parvenus à trouver une position de conduite convenable dans la Brera. Et que dire que la visibilité, si ce n'est qu'elle est pratiquement inexistante.
Un essence à l'agrément de diesel Alfa Romeo Brera 1750 TBi 200 Un essence à l'agrément de diesel
Le coeur de cet essai c'est bien sûr l'arrivée du nouveau 4 cylindres 1750 TBi de 200 ch, premier "vrai" moteur essence d'origine italienne à prendre place sur la Brera. Remplaçant à terme le 2.2 JTS de 185 ch aussi gourmand que peu démonstratif, le 1750 TBI (Turbo Benzina Injection) est un concentré des meilleures technologies de la marque. Outre l'injection directe d'essence et la présence d'un turbocompresseur, les ingénieurs ont travaillé sur un système inédit baptisé "Scavenging" qui maximise le couple aux très bas régimes. Et pas qu'un peu, puisque le moteur italien délivre 320 Nm à seulement 1400 tr/min !

Contact...et première frustration : le 1750 TBi se fait étonnamment discret au démarrage. En rythme de croisière également. Presque frustré, on ressent l'envie d'écraser la pédale de droite mais le plaisir auditif n'arrive toujours pas. En fait, il ne viendra jamais. Aucune note suggestive ne semble vouloir s'échapper des quatre sorties d'échappement. A croire que le temps du V6 Arese serait définitivement révolu...

Dommage car ce nouveau 1750 TBi fait plutôt du bon boulot en regard des 1430 kg du coupé italien (une Audi TT 2.0 TFSI fait 170 kg de moins !). Les performances sont correctes, les reprises sont très vigoureuses et la motricité est très rarement prise en défaut malgré l'abondance de couple et l'absence de transmission intégrale.

Mais comme la plupart des moteurs turbo, ce 4 cylindres souffre d'un manque de tempérament. Les montées en régime sont très linéaires et passés les 5000 tr/min, le moteur s'évanouit aussi vite qu'un diesel. Ce qui n'est pas le cas de la consommation qui, avec près de 13 l/100 km sans trop forcer le rythme, le rapproche plus du gros V6 essence que du petit moteur diesel du voisin.
Du très bien et du beaucoup moins bon Alfa Romeo Brera 1750 TBi 200 Conclusion
La Brera 1750 TBi est plus lourde, moins habitable, moins confortable, moins performante, moins économe et à peine moins chère qu'une Audi TT 2.0 TFSI de même puissance. Mais le simple fait qu'elle soit l'un des coupés les plus beaux du moment peut suffire, aux yeux de certains, à lui pardonner ses nombreux défauts. On a le virus Alfa ou on ne l'a pas !
Par Julien Sarboraria le 21/06/2009 - Source : 321auto

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