Entretien automobile

Huiles moteur : laquelle choisir ?

Mise à jour le 13/05/2014 par Lameuse Christian

Quand vient l’heure de faire la vidange, et à moins de confier l’opération à un professionnel, il y a de quoi être perplexe au vu du nombre d’huiles disponibles. Comment procéder ? Quels critères retenir ? Tour d’horizon.

 

Rappel

Pour fonctionner correctement, le moteur de votre voiture doit en permanence être lubrifié, c’est le rôle de l’huile moteur. Cette lubrification est indispensable à plus d’un titre : elle permet de réduire les frottements entre les pièces en mouvement, et donc de limiter les sources d’usure importante ; de refroidir les pièces par circulation du fluide ; de protéger les surfaces internes contre la corrosion afin d’assurer la propreté du moteur ; enfin, de favoriser l’étanchéité entre pistons et cylindres.

 

Une huile spécifique à chaque usage

Le choix dépend principalement de l’utilisation que l’on fait de sa voiture.

 

• Pour des trajets essentiellement urbains, une huile semi-synthèse est recommandée. En effet, redémarrages fréquents et petits parcours sollicitent énormément la mécanique. Cette huile deux fois plus chère à l’achat protège plus efficacement le moteur, que celui-ci soit chaud ou froid. Dans ce cadre de cette utilisation, il est également conseillé d’augmenter la fréquence des vidanges.

 

• Pour une conduite intensive, une huile de synthèse (dont la structure moléculaire a été modifiée) est tout indiquée. Ce produit haut de gamme garantit les meilleurs résultats en termes de lubrification, et donc de protection de la mécanique.

 

• Pour les parcours routiers qui ne nécessitent pas trop d’efforts mécaniques brusques tels que changements de vitesse, redémarrages, etc., une huile minérale (non transformée donc) suffit amplement. Quoique moins fluide que les huiles de synthèse ou de semi-synthèse, elle remplit correctement son rôle de lubrification.

 

L’indice de viscosité

Une fois que vous aurez déterminé le type d’huile qu’il vous faut, le deuxième critère de choix est l’indice de viscosité (ou grade), qui renseigne sur son aptitude à s’écouler. Une viscosité importante implique une lubrification optimale de toutes les parties du moteur. Cet indice (15W40 par exemple) est composé de deux données essentielles :

- La première indication (ici 15W) est le coefficient de viscosité à froid, symbolisé par la lettre « W » (pour « winter », neige en anglais). Plus l’indice est élevé, moins l’huile est fluide. Autrement dit, si vous habitez en montagne ou dans une région froide, vous devrez opter pour un coefficient le plus proche de 0 pour donner à votre huile toute l’efficacité nécessaire à des démarrages difficiles en hiver. En effet, une huile très fluide n’aura pas besoin d’atteindre une forte température pour être lubrifiante. Si, au contraire, vous vivez dans une région chaude, vous pourrez tout à fait vous contenter d’une huile à indice 15 (donc moins fluide).

- La seconde indication (40 dans notre exemple) est le coefficient de viscosité à chaud. Plus il est élevé, plus la lubrification sera efficace à haute température. Si vous habitez dans une région froide, vous pourrez tout à faire opter pour un coefficient 30, amplement suffisant. En revanche, si vous résidez dans une zone chaude, il est recommandé de pousser jusqu’à un indice 50 pour préserver la mécanique.

 

À noter

Une voiture âgée nécessite une huile présentant un indice de viscosité le plus élevé possible car sa mécanique est fatiguée.

 

Les vidanges

Pour protéger votre moteur et optimiser son fonctionnement, l’huile doit être vérifiée et remplacée régulièrement (tous les 7 500 km pour les modèles diesels, tous les 10 000 km pour les modèles essence). La fréquence de vidange dépend aussi grandement de l’état de la mécanique. Une voiture à fort kilométrage, qui roule toujours en ville par exemple, doit plus souvent passer chez le garagiste. Sachant que la fréquence des vidanges varie selon les constructeurs et l’usage que l’on fait de sa voiture, il est important de vérifier de temps à autre le niveau et l’état de son huile pour plus de sûreté. Les véhicules diesels équipés d’un FAP dégradent encore plus rapidement l’huile, notamment en circulation urbaine, à cause des régénérations (fréquence préconisée : 15 000 à 30 000 km). Compte tenu des progrès réalisés ces dernières années, tant sur les motorisations que sur la lubrification, l’écart entre deux vidanges tend à grandir sur les modèles récents. Même si votre auto ne roule que très peu, vous devez procéder à la vidange au moins une fois par an. À noter que les véhicules les plus récents sont capables d’analyser la qualité du fluide et ainsi d’adapter l’échéance du prochain entretien.

Outre le renouvellement de l’huile, il est conseillé de procéder au remplacement du filtre à huile toutes les deux vidanges. Ceci a évidemment un coût, mais, en assurant un bon suivi, vous prolongerez d’autant la durée de vie de votre auto. De plus, en changeant le filtre à huile votre moteur polluera moins.

Le prix d’une vidange varie, selon les prestataires, de 30 euros pour une huile minérale classique à près de 50 euros pour une huile de synthèse.

 

À savoir

Si vous faites vous-même la vidange, ne jetez pas l’huile usagée n’importe où, donnez-la au garagiste le plus proche, qui saura la valoriser, ou laissez-la dans une déchetterie.

 

Additif… ou pas ?

Pour lutter efficacement contre le vieillissement prématuré du moteur, ou lorsque les kilomètres s’accumulent au compteur, il est possible d’ajouter à l’huile des additifs. Principaux atouts de ces produits : ils diminuent l’usure et contribuent à la lubrification. Ils réduisent aussi la consommation d’huile en rétablissant un bon fonctionnement mécanique. Le moteur est ainsi plus silencieux, la circulation de l’huile à froid, nettement améliorée et, du coup, l’usure est très fortement réduite. Ces additifs disponibles dans le commerce peuvent être utilisés à titre préventif, curatif, voire prévenir des fuites pour certains d’entre eux.

Attention toutefois, il ne s’agit en aucun cas de produits miracle ! Si votre moteur présente un kilométrage très élevé, il ne retrouvera pas une seconde jeunesse ! Tout au plus conservera-t-il ses caractéristiques antérieures à l’apport de l’additif ! Avant d’en arriver à ces extrémités, il est recommandé (mais pas obligatoire) de procéder, de temps à autre, à l’adjonction de produits protecteurs, qui auront pour effet de prolonger la bonne santé de la mécanique.