Conseil achat et vente

Êtes-vous vraiment sûr de vouloir un diesel ?

Mise à jour le 13/05/2014 par Lameuse Christian

ÊTES-VOUS VOUS VRAIMENT SÛR DE VOULOIR UN DIESEL ?

 

Durant plusieurs décennies, les constructeurs comme les pouvoirs publics n’ont cessé de vanter les mérites du diesel et d’encourager les automobilistes à acheter des véhicules fonctionnant avec ce carburant. À grands renforts d’incitations fiscales (écart de prix avantageux par rapport à l’essence, bonus-malus, etc.), ce discours a payé. En 2008, la part du gazole dans les ventes de voitures neuves avait atteint un pic historique, à près de 80 %. Or, cette tendance s’est inversée : 65 % en 2014. Peut-être de manière durable : le Comité des constructeurs français d’automobiles (CCFA) table même sur un rééquilibrage à 50 % en 2020. À l’heure du choix, il convient donc de se poser les bonnes questions et de réfléchir aux contraintes qu’impose ce type de carburant.

 

1) Le surcoût à l’achat

En 2012, le parcours annuel moyen en France était de 12 670 km. Or, pour amortir le surcoût à l’achat d’une voiture diesel, il faut parcourir chaque année au minimum 20 000 à 30 000 km. Autant dire que, pour les « petits rouleurs », on est loin du compte. Pour circuler en agglomération, mieux vaut donc privilégier un modèle essence.

 

2) La ville, cauchemar du FAP

Dans le même ordre d’esprit, conduire en zone urbaine un véhicule fonctionnant au gazole avec un filtre à particules, rendu obligatoire avec la norme Euro V (2010), est peu judicieux. En effet, pour que la régénération du FAP soit possible, il faut rouler à un régime suffisamment élevé et pendant un certain temps, ce que l’on a rarement l’occasion de faire dans les petites artères. Résultat : le filtre s’encrasse plus vite, et le fonctionnement du moteur s’en trouve altéré, ce qui peut avoir des conséquences irréversibles et coûteuses.

 

3) L’entretien plus onéreux

Le durcissement des normes antipollution a obligé les constructeurs à redoubler d’efforts pour rendre plus propres les voitures diesels, en ajoutant des systèmes périphériques tels que le débitmètre et la vanne de recirculation des gaz d’échappement (EGR). Et, comme si cela ne suffisait pas, les véhicules neufs doivent désormais être équipés d’un catalyseur de NOx (particules fines), conformément à la norme Euro VI (septembre 2014). Ce qui implique des coûts plus élevés, à l’usage comme à l’achat. De plus, les équipements traditionnels des professionnels ont souvent du mal à diagnostiquer les maux du diesel, imposant des opérations de remplacement ruineuses.

 

4) La revente : pas si facile !

Halte aux idées reçues : le parc occasion est saturé de véhicules diesels. Compte tenu des faveurs dont le gazole a bénéficié pendant des années, il s’en est vendu énormément… Et on les retrouve logiquement en nombre sur le marché de la seconde main. Conséquence : aujourd’hui, l’automobiliste qui souhaite revendre sa voiture diesel est obligé de serrer son prix pour faire la différence, alors qu’un modèle essence, bien plus rare, permet d’envisager de meilleures conditions de revente.

 

5) La pollution aux particules, un fléau

Réputé économique à l’usage, le gazole a également dominé l’essence du fait de la faible teneur de ses rejets de CO2. Or, il est désormais reconnu qu’en ville, les voitures diesels sont pour partie responsables de la pollution aux particules fines, un phénomène avéré « cancérogène », qui causerait près de 40 000 décès chaque année selon l’OMS.

 

6) La réduction des avantages fiscaux

Depuis longtemps décrié par les écologistes, le diesel n’a plus les faveurs des politiques. Et si le rééquilibrage fiscal annoncé par le gouvernement est encore à l’étude, il apparaît comme incontournable. En 2013, l’écart de prix entre le gazole et l’essence était de 17 centimes d’euro, contre 11 centimes à l’échelle de l’Europe. Il ne fait donc nul doute que rouler au volant d’une voiture au gazole va devenir de moins en moins économique dans les années à venir.