Conseil achat et vente

Achat d'une voiture à l'étranger : déjouez les pièges

Mise à jour le 13/05/2014 par Lameuse Christian

Depuis la suppression des frontières au sein de l’Union européenne et la généralisation d’Internet, il peut être encore plus tentant d’envisager l’acquisition d’une voiture hors du territoire, surtout quand les prix affichés défient toute concurrence. Pourtant, ce parcours est semé d’embûches. Mieux vaut donc bien préparer le terrain avant de se lancer dans une telle aventure.

 

Équipement et motorisations

Vous pensez avoir déniché la bonne affaire. De l’autre côté du Rhin par exemple, avec une Audi A3 1.6 TDI 105 Ambiente affichée à 22 880 euros*, contre 25 520 euros en France, soit 2 640 euros d’écart. Alléchant, certes. Mais sachez qu’à niveau de finition équivalent, la dotation en équipements peut varier sensiblement d’un pays à l’autre. Il en est de même, d’ailleurs, des motorisations dont la puissance est liée à la politique fiscale pratiquée dans le pays d’achat. Il convient donc d’étudier dans le détail les caractéristiques de la version que vous convoitez pour procéder à une comparaison la plus pointue possible car un mauvais choix peut vous compliquer la tâche quand viendra l’heure de la revente.

 

Les frais à prendre en compte

Dès lors que vous avez arrêté votre choix sur un modèle donné et sur une version bien précise, il est impératif de sortir votre calculette pour avoir une idée de ce que cette acquisition va vous coûter au total. Il faut en effet intégrer au prix du véhicule les frais inhérents au déplacement, à l’hébergement sur place, à la mise en circulation, à l’assurance ainsi qu’au convoyage. Seule cette opération vous permettra de savoir si oui ou non le jeu en vaut la chandelle.

 

Quelle garantie ?

La simplification des démarches administratives et fiscales au sein de l’Union européenne ne doit pas vous inciter à occulter la question de la garantie. Quel que soit son pays d’origine, tout véhicule bénéficie d’une garantie contractuelle (de deux à sept ans). En clair, le constructeur est tenu de prendre en charge d’éventuelles anomalies et d’assurer le service après-vente. En revanche, la garantie légale contre les vices cachés est laissée à l’appréciation de chaque État.

 

Quid de la TVA ?

Une seule règle s’impose dans ce domaine : pour tout véhicule neuf acheté au sein de l’Union européenne, l’acquéreur doit s’acquitter de la TVA applicable dans son propre pays, en l’occurrence 20 % en France depuis le 1er janvier 2014 (contre 19,6 % auparavant). Ce qui implique, bien sûr, que le prix d’achat qui vous a été annoncé soit un tarif hors taxe. Or, bien des professionnels font mine d’ignorer cette règle et, en cas de litige sur ce point, seuls les services fiscaux du pays d’achat sont habilités à vous rembourser. Bon à savoir : si vous achetez un modèle d’occasion à un particulier, vous serez dispensé du paiement de la TVA ; mais s’il s’agit d’un professionnel, vous devrez payer la taxe locale. Par ailleurs, au moment de régler la TVA de retour en France, il faut vous munir de l’orignal et de la copie de la facture transmise par le vendeur et de l’original ou de la copie du certificat d’immatriculation délivré à l’étranger.

 

L’option mandataire

Outre la barrière de la langue, le manque de contacts sur place et la méconnaissance des obligations administratives peuvent constituer un frein à votre démarche. Pour plus de commodité, vous pouvez donc faire appel à un mandataire rompu aux modalités de l’importation. Compte tenu des volumes qu’il a l’habitude de traiter, celui-ci sera plus à même de négocier un prix bas. Deux solutions : piocher dans son catalogue de voitures importées à des tarifs plus avantageux que dans une concession ou bien lui confier la recherche d’un modèle précis moyennant un budget déterminé à l’avance.

 

À ne pas oublier

• Avant de quitter la France pour acheter votre véhicule dans un pays étranger, sachez que toute somme supérieure à 10 000 euros doit être déclarée en douane.

• Dans tous les pays de l’Union, une auto qui a moins de 6 mois ou affiche moins de 6 000 km au compteur est considérée comme une voiture neuve. Dans le contraire, il s’agit d’un modèle d’occasion.

• Le certificat de conformité européen, remis par le vendeur, constitue un document indispensable pour procéder à l’immatriculation de votre véhicule.

• Dès lors que vous avez pris livraison de votre voiture, vous disposez d’un mois après la date d’achat pour obtenir la carte grise (ou certificat d’immatriculation).

• Si vous ramenez votre auto vous-même à partir du pays d’achat, vous devez souscrire une assurance provisoire et vous équiper d’un plaque temporaire qui vous sera délivrée par les autorités locales.

 

(*) Source : L’argus