Code de la route

Conduite accompagnée : que des avantages !

Mise à jour le 09/05/2014 par Lameuse Christian

Depuis 1990, l’Apprentissage anticipé de la conduite (AAC) rencontre non seulement un vif succès auprès des jeunes, mais il est également vivement recommandé par les compagnies d’assurances. Et pour cause, selon les derniers chiffres disponibles, les titulaires du carton rose formés dans le cadre de la conduite accompagnée ont en effet 2 à 3 fois moins d’accidents que les autres conducteurs novices. De plus, avec l’AAC, 73 % des candidats décrochent leur permis du premier coup, contre 55 % dans la filière classique.

Le principe

La conduite accompagnée peut débuter à partir de 16 ans. Elle consiste à suivre une formation sous la tutelle d’un conducteur expérimenté issu ou non du cadre familial. Ce dernier doit remplir plusieurs conditions : être détenteur du permis B depuis au moins cinq ans ; avoir obtenu l’accord préalable de sa compagnie d’assurances ; ne pas avoir fait l’objet, au cours des cinq années précédentes, d’une annulation ou d’une suspension de permis. L’AAC comporte trois étapes distinctes. Comme tous les candidats au carton rose, l’élève doit d’abord suivre avec un moniteur un stage de vingt heures minimum dans une auto-école agréée, au terme duquel il passera l’épreuve théorique (le code). Vient ensuite la conduite accompagnée proprement dite : durant une période comprise entre un et trois ans, l’élève doit effectuer au moins 3 000 kilomètres en compagnie de son tuteur. Passé ces deux étapes, le jeune peut enfin se présenter à l’épreuve pratique du permis de conduire dès le jour de ses 18 ans.

La pratique 

La voiture doit être équipée de deux rétroviseurs extérieurs et d’un macaron « Conduite accompagnée » apposé à l’arrière. Le conducteur ayant choisi l’AAC est soumis à des limitations de vitesse spécifiques : 110 km/h sur les portions d’autoroutes limitées à 130 km/h ; 100 km/h sur les autres sections d’autoroutes et sur les routes à deux chaussées séparées par un terre-plein central ; 80 km/h sur les autres routes ; et 50 km/h en agglomération. Pendant la phase d’apprentissage, le jeune doit honorer trois rendez-vous dits pédagogiques : le premier, avec l’accompagnateur et le moniteur (deux heures minimum) ; le suivant, après six à huit mois de conduite accompagnée et environ 1 000 kilomètres parcourus ; le dernier intervient lorsque 3 000 kilomètres ont été effectués. Ce sont autant de rendez-vous qui permettent de mesurer les progrès réalisés. Une fois le permis décroché à 18 ans, le titulaire se voit proposer par les assureurs des tarifs très avantageux, notamment une surprime « jeune conducteur » divisée par deux. Sachez enfin que l’AAC réduit à deux ans la période probatoire (contre trois ans pour la filière classique).

Vers une baisse de la limite d'âge ?

Selon  une information parue en mars 2014 dans le magazine Auto Plus, les pouvoirs publics pourraient bientôt abaisser à 15 ans la limite d’âge pour l’AAC. Ce sont en tout cas les préconisations faites par le Conseil national de la sécurité routière (CNSR). À cela deux raisons : il s’agirait d’abord de réduire le nombre d’accidents mortels dont près de 20 % impliquent de jeunes conducteurs, mais la mesure aurait également pour but de dissuader ces derniers de se tourner vers la pratique du deux-roues, jugée particulièrement accidentogène. Cette disposition s’accompagnerait d’une légère modification du kilométrage requis dans le cadre de la conduite accompagnée. La distance à parcourir passerait ainsi de 3 000 à 4 000 kilomètres, le cap des 3 500 kilomètres étant considéré comme le minimum requis pour être vraiment à l’aise au volant et capable d’anticiper un accident.